
Ne perdons pas de temps, L’Euro ne m’intéresse pas.
Je mettrais dans le même sac la Coupe du Monde car je pense depuis déjà bien longtemps que le football des nations est d’un autre temps ; celui des clubs vampirise désormais tout.
La Ligue des Champions, comme la NBA pour le basket, est la version moderne de la Coupe du Monde. Tous les meilleurs joueurs de la planète s’y affrontent sans relâche pour conquérir le Graal, la coupe aux grandes oreilles. Nul ne peut vaincre sans péril, c’est une joute de gladiateurs, chacun en reconnaît la difficulté et l’exigence. Le dernier sacre de Messi remonte à 2015, celui de Cristiano à 2017 et Guardiola, considéré comme le plus grand entraineur du monde par beaucoup, n’a pas soulevé le trophée depuis dix ans.
Elle tait encore son véritable nom de Super League, pour ne pas effrayer le candide grand public, mais elle en a tous les attributs ; par son prestige et sa puissance économique, la Ligue des Champions ne laisse que peu d’espace aux autres compétitions. Nul ne peut contester que le niveau footballistique y est très élevé, contrairement à celui de l’Euro ou de la Coupe du Monde où nos héros se présentent sous leur pire apparats, rincés par une saison en club interminable. De plus, les sélections n’ont pas le temps nécessaire pour correctement se préparer et mettre en place de véritables systèmes de jeu. Beaucoup succombent aux charmes faciles du schéma défensif et s’en remettent aux quelques fulgurances de leurs attaquants (Didier Deschamps). La liste des stars qui passent à travers ces compétitions internationales est malheureusement bien trop longue.
Vous comprendrez alors mon peu d’enthousiasme, d’un point de vue footballistique tout d’abord, pour le football des nations, qui par ses trêves internationales et ses matchs de qualification en bois (France vs îles Féroé) nous prive de nos championnats et coupes européennes pour finalement déboucher sur une sous-compétition (Euro, Copa América, CAN et Coupe du Monde) mettant en scène des seconds couteaux, des joueurs abonnés au banc de touche toute l’année en club et qui débarquent frais et motivés (Giroud, Draxler, Isco, Eriksen…)
Autre aspect prépondérant dans mon désamour pour ce foot de nations, est tout simplement que le monde a changé. Avec la mondialisation, l’heure est au multiculturalisme, les nationalismes ont été balayés. Les joueurs sont recrutés de plus en plus jeunes par les clubs, ce qui entraine un détachement naturel de leur patrie – même si les concernés feignent le contraire pour diverses raisons.
L’exemple le plus représentatif est le cas Messi. N’est-il pas plus catalan qu’argentin ? Le quintuple Ballon d’Or a rejoint Barcelone à l’âge de treize ans. Il n’a jamais joué en première division argentine. Les Argentins eux-mêmes ne le considèrent pas comme l’un des leurs et vouent un culte plus immense à Riquelme et Mascherano. En France nous avons le même cas avec Griezmann qui, lui aussi, s’est expatrié au même âge en Espagne (Real Sociedad) et avouait de lui-même en 2016 : « Je me sens plus espagnol que français parce que ça fait dix ans que j’y suis »
J’aimerais avoir une conversation honnête avec Pogba qui a quitté la France à dix-huit ans pour rejoindre le centre de formation de Manchester United. Il a aujourd’hui 28 ans et n’a donc jamais vécu en France en tant qu’adulte ; qu’a-t-il de commun avec les Français ? Retrouver les copains, eux-mêmes hors-sol, quatre fois par an à la colo de Clairefontaine (dans le château !) suffit-il à appréhender ce que sont la France et les Français ?
J’habite moi-même depuis seulement deux ans au Canada et je me sens déjà loin du quotidien français. J’entends les joueurs répéter à tue-tête « J’aime la France » alors que cette déclaration, dans mon esprit, n’a aucune raison d’être et me semble presque déplacer de leur part tant leur hymne à l’amour sonne à mes oreilles adolescent, romantiquement puéril et pire, manipulatoire.
Moi je loue ce quotidien qu’est le football de clubs qui draine son lot permanent de souffrance et éloigne mécaniquement les poseurs.
Mbappé, natif de la région parisienne pourtant, meurt d’envie de quitter le Paris Saint Germain et la France, sa patrie, pour rejoindre le Real Madrid, club le plus titré en Ligue des Champions (13).
Je crois que j’aime tout simplement le football de clubs, du multiculturalisme, où la nationalité importe peu, où les cultures dans le vestiaire se chevauchent et se mélangent.
Beaucoup s’extasie devant les événements, dû à leur temporalité, que sont L’Euro et la Coupe du Monde. De mon côté, je ne peux valider le footisme, mouvement de masse opportuniste consistant à apporter son soutien de façon outrageuse aux potentiels vainqueurs. Ces mêmes qui toutes ces années vilipendent « ces wesh qui courent juste derrière une balle et qui sont trop payés » se trouvent inéluctablement grimés aux couleurs de la France, dansant depuis les terrasses des cafés une pinte de bière artisanale à la main, dès que les Bleus se rapprochaient du sacre mondial ou européen. Désolé, je ne peux m’acoquiner.
Moi je loue ce quotidien qu’est le football de clubs qui draine son lot permanent de souffrance et éloigne mécaniquement les poseurs. C’est une relation amoureuse qui par sa longévité nous rappelle constamment notre propre fragilité mais également révèle, dans cette acceptation de vieillir ensemble, de se supporter inconditionnellement, l’inévitable paix qui se dégage de cette vérité rencontrée, l’amour.
Le sacre de mon club en Ligue des Champions, provoquera toujours plus dans mon cœur qu’une victoire de « mon » pays à l’Euro !
Let’s not waste time here. I’m not interested in the Euro Cup.
I would put the World Cup in the same bag because I have believed for a long time that the football of nations is from another time; now the clubs take more precedence.
The Champions League, like the NBA for basketball, is the modern version of the World Cup. All the best players on the planet battle it out relentlessly to conquer the Holy Grail, or the Big Eared Cup. No one can win without a real battle, it is a game of gladiators where everyone recognizes the difficulty and the requirements involved in these leagues. For example superstars like Messi’s last coronation was in 2015, Cristiano’s in 2017 and Guardiola who is considered the greatest manager in the world by many, has not lifted the trophy in over ten years.
It was still its real “Super League”, so not to frighten the candid general public—but it has all the attributes; with its prestige and economic power. The Champions League leaves little room for other competitions because no one can dispute that the football level is very high, unlike that of the Euro or the World Cup. Our heroes appear in their worst form; washed out by an endless club season. The players do not have the time necessary to properly prepare and set up real systems of play. Many national teams succumb to the easy charms of the defensive scheme and rely on the few flashes of their attackers (Didier Deschamps). The list of stars who pass through these international competitions is exceptionally large.
You will then understand my lack of enthusiasm, from a football point of view. First of all for the football nation, there are breaks for international league games (eg. France vs Faroe Islands), which deprives us of our European championships and cups. Only offering us a sub-competition featuring second knives, players subscribed to the sidelines all year round in clubs and who arrive fresh and motivated (Giroud, Draxler, Isco, Eriksen …)
With globalization nationalism has been swept away, we are more multicultural. The players are recruited younger and younger by the clubs which leads to a natural detachment from their homeland
Another preponderant aspect in my disenchantment with this football of nations is quite simply that the world has changed. With globalization nationalism has been swept away, we are more multicultural. The players are recruited younger and younger by the clubs which leads to a natural detachment from their homeland—even if those concerned pretend the opposite for various reasons.
The most representative example is the Messi case. Isn’t he more Catalan than Argentinian? The Quintuple Ballon d’Or joined Barcelona at the age of thirteen. He has never played in the Argentine first division. The Argentinians themselves do not consider him to be one of their own and worship Riquelme and Mascherano more. In France we have the same case with Griezmann who moved to Spain at the same age (Real Sociedad) and admitted to himself in 2016: “I feel more Spanish than French because it’s been ten years since I lived there ”
I would like to have an honest conversation with Pogba who left France at the age of eighteen to join Manchester United training. He is now 28 years old and as an adult has never lived in France—so what does he have in common with France now? Joining his French peers (who all have a similar background) four times a year to defend the country feels more like a summer camp.
I myself have only lived in Canada for two years (I can be a citizen in four years) and I already feel far from everyday French life. I hear the players declare at the top of their lungs “I love France” but, in my mind this kind of declaration sounds juvenile or worse, manipulative.Mbappé, a native of Paris, is dying to leave Paris Saint Germain to join Real Madrid. He is choosing the most successful club in the Champions League over his homeland.
I love the football of clubs, where nationality doesn’t matter, where cultures in the locker room overlap and blend together.
Many are ecstatic at the event, due to its temporality, which are the Euro and the World Cup. For my part, I cannot validate this opportunist mass movement consisting in providing outrageous support to potential winners. These same people who all these years vilify “these jocks who just run behind a ball and are overpaid” are inevitably the same bandwagon football fans who dress in the colours of France, dancing from the terraces of cafes, as soon as the Les Blues approached the world or European coronation. Sorry, this feels a little fake for me.
The victory of my club in the champions league will always mean more in my heart than a victory of ‘my country’ in the Euro’s.
Je suis tout autant que toi sûrement peu patriote car cela ne signifie pas grd chose pr moi
Ms sûrement par nostalgie de jeunesse je suis attaché à ce foot des nations (malgré le niveau de jeu souvent peu au rendez-vous).
En effet, je trouve que nous, on a grandi avec ce foot des nations plus que la compèt de club car on avait pas la possibilité de voir ts les matchs de LDC (coupe des clubs champion qd on était jeune)!
C’est en 90 a la coupe du monde de foot que j’ai fait la connaissance de Roberto Baggio et son but face à la Tchéquie puis 94 coupe du monde aux Etats-unis dans laquelle Baggio a fait la misère jusqu’au fameux peno!
98 c’est chez nous avec une effervescence au top et un Zizou qui nous donne la victoire!
Mais sinon dans le fond j’ai adoré la punchline sur les “wesh qui courent derrière un ballon” et les gens qui d’un coup les supportent comme jamais!
Et je suis en accord sur le niveau lors de ces compétitions mais j’ai la nostalgie de ma rencontre avec le foot!